Le Kahurangi en deux coups seulement | Nelson

Comme les fjordlands, le Kahurangi National Park marque une énorme tâche verte sur la carte de l’île du sud. Alors on prévoit d’y passer quelques jours.mais comme dans tout ce qu’on prévoit, il  y a toujours un moment ou on finit par ne pas faire ce qu’on avait prévu et vice-versa, voici un Petit retour sur trois jours qui ne se sont pas passé  (exactement) comme prévu. et tant mieux 🙂

Depuis Nelson, c’était plutôt facile d’aller y faire un tour, mais manque de temps, on était passé à côté lors de nos trois semaines de wwoofing à Upper Moutere. Nous voilà donc de retour au Nord de l’île du sud, et cette fois, on te loupera pas, le Kahurangi.

23 janvier : changement de plan n°1

Pour monter le Mt Owen, le point culminant du Kahurangi NP, il vaut mieux avoir une météo pas trop vilaine pour éviter de voir autre chose que ses pieds et surtout de tomber dans les crevasses. La veille de notre grimpette, la Catherine Laborde Kiwi était optimiste. Comme quoi, on peut être optimiste et se planter complètement. Anyway, aujourd’hui, c’est sinistre, alors on amorce le plan B: monter plus au nord vers Tasman, sur le Mt Arthur. Zou!

25 janvier, c’est parti pour le kaka, le kahu, le kahuran, bref, le kahurangi.

Vers midi, on quitte le camping de Wakefield (un petit camping gratuit qui n’est pas sur Campermate, on a eu l’impression de découvrir un trésor). Il pleut des cordes, le GPS veut nous faire passer par un pont de singe avec la voiture (on a confiance mais faut pas exagérer), on s’engueule, on fait un détour, et on finit par trouver l’entrée du parc. Après 20 kilomètres de route un peu hasardeuse et pleine d’éboulis, on arrive quand même au Flora Car Park.

Heureusement, ça s’éclaircit un peu. Le Mt Arthur se met tout nu, ça s’annonce bien.


On jette un oeil à la carte et on découvre que plutôt d’aller dormir à la Mont Arthur Hut (ou on ne peut pas camper), on peut pousser jusqu’au Salsbury Lodge, au début des Tablelands, en 4 heures. Le lendemain, on profitera de la belle journée prévue pour revenir en passant par le sommet de la Gordon Pyramid et le Mt Arthur. Il est 14h, on se met en route, 12,8km avant la nuit.

Les deux premières heures sont… chiantes à mourir. Que de la forêt, un sentier qui est en fait une route ou passent les 4×4 du DOC. Quelques petits stops rigolos comme l’ancienne ville des chercheurs d’or et les Gridiron Shelters, des petites huttes troglodytes. Heureusement, les bois laissent assez vite la place au plateau de tussocks.

On arrive au Salsbury Lodge vers 18h, en même temps qu’un grand gars tchèque, qui lui arrive de la côte Est… Six jours qu’il marche tout seul dans les bois, le bougre. Il ne lui reste que des lentilles et sa bonne compagnie pour la soirée. Une fois la tente montée en évitant de se faire chourrer les affaires par la meute de wekas du coin, on file retrouver le copain tchèque à la hut.

De la salle, on voit le soleil descendre doucement et enflammer le Mt Arthur au loin. On a hâte 🙂

PRATIQUE : Salsbury Lodge est une hut du DOC. Elle dispose de 12 couchettes, de bombonnes de gaz et de toilettes avec lumière solaire (le grand luxe quoi). Comptez $15/pp, à payer avec 3 Backcountry Tickets, que vous aurez acheté au DOC de Nelson (ou d’ailleurs, peu importe). Si comme nous vous campez, ça sera $5 pp, soit 1 ticket chacun. Par contre, il y a très peu de places pour camper. Juste une en fait.

26 janvier, changement de programme n°2

Waow! Ça a caillé dur cette nuit! Allez, p’tit déj vite fait, au revoir le copain tchèque, mais le tableau est déjà moins glamour: le Mt Arthur a disparu et la Gordon Pyramid a la tête dans le brouillard.

Après quelques kilomètres dans une jolie forêt, on passe la tête à la lisère direction le sommet de la Gordon Pyramid et là… Grosse claque: un vent atroce en pleine tronche. On a un mal fou à progresser, mais on s’accroche. Très vite, on ne se distingue plus entre nous. Au bout d’une demi-heure…

…On arrive enfin au sommet.Mais… toujours pas de Mt Arthur. On se regarde, trempés par le brouillard, on hésite… sur le panneau, un sentier annonce Flora hut à « seulement » 4 heures. On limite la casse, le Mont Arthur, ça sera pas pour aujourd’hui!

Le road trip: le joker en cas de manque de bol

Eh oui, ce qui est génial quand on a le temps, c’est qu’on peut se permettre d’attendre une semaine que ça s’éclaircisse un peu. Passons donc la semaine en avance rapide et arrivons au 30 janvier.

30 janvier, changement de programme ?

Aujourd’hui, on était à l’Abel Tasman. Mais si, l‘Abel Tasman, la rando qu’on vous racontait ici! Donc quitte à avoir tout le matos de camping sur le dos, on a décidé d’aller retenter le Mt Arthur. On se recogne la route vers le Flora Car Park, on recharge les sacs en évitant les wekas, et nous voilà de retour à la Flora Hut, où l’on peut camper gratuitement (30 minutes de marche, c’est déjà pas mal) À part trois wekas, nous sommes seuls au monde. On monte la tente près de la hutte, et on croise les doigts pour pas avoir à changer nos plans… une troisième fois.

Un weka sur la table, un!
PRATIQUE: La Flora Hut est une hutte du DOC basique. N’importe qui peut venir et dormir dans les lits superposés gratuitement. La hut dispose de deux fois six lits, avec une cheminée dans chaque chambre (faut aimer l’odeur du feu de bois). Il y a énormément de place tout autour.

31 janvier…. alors, IL VIENT CE petit TROISième CHANGEMENT DE PLAN?

Réveil en plein soleil. Yaaaaaaay! Bonheur! Joie! Exultation!  On laisse tout notre barda et on part léger: c’est parti pour trois heures seulement jusqu’au sommet.
Après deux heures d’escalade dans une magnifique forêt, c’est la zone alpine. Au fond, le Mt Arthur nous attend, avec son air ingrimpable et son sommet qui semble à des milliers de kilomètres. Mais qu’importe. La rando est superbe. On vous laisse en juger par les photos.

MORALITÉ: TOUT VIENT À TEMPS À QUI SAIT ATTENDRE!

Pratique: La randonnée vers le sommet du Mont Arthur est vraiment facile. Elle grimpe bien mais le chemin en zone alpine est bien délimité. On a même croisé une maman avec son porte-bébé. Cela dit, comme partout, par mauvais temps le vent peut être vraiment traître et rendre l’ascension dangereuse. Pensez bien à noter votre itinéraire dans les registres des huts, même si vous ne comptez pas y dormir.

Submit a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *