La vie en rouge | Une journée dans la province Sud

Nouméa, c’est une ville très chouette. Mais c’est une ville. Alors après 1 an en NZ, on a eu envie de verdure et on a pris la route, cap au sud. Pour le coup, c’est surtout du rouge qu’on a trouvé. 12 heures dans la province Sud de la Nouvelle-Calédonie, c’est parti!

-English version below-

Lundi 3 avril

Il est 7h, le sac est dans le coffre, on est prêts à partir vers le parc de la Rivière Bleue, à une heure de Nouméa (bleu, vert, rouge… on sens qu’il va être confusant cet article). Mais au moment où on s’apprête à claquer la porte, Magali se rappelle soudain que le parc est fermé le lundi… On enclenche donc le plan Z, c’est à dire le Zéro Plan: on va dans le sud, on roule, on observe, on s’arrête, ou pas. Facile.

De Nouméa au Lac de Yaté

 

 

 

Clim’ et Radio Oceane à fond, on dépasse l’aéroport Magenta, puis le village Saint-Michel, bastion indépendantiste qui a tristement fait parlé de lui il y a quelques semaines. On longe d’abord la mer, mais très vite, les maisons s’espacent et la route commence à s’enfoncer dans les montagnes.  Au bout de quelques dizaines de minutes, on est déjà époustouflés par ce qu’on traverse: à perte de vue, des montagnes zébrées d’un rouge sang. Et partout, la poussière imprègne tout d’une couleur flamme.

La RP3 (Route Provinciale) coupe le sud de la Nouvelle-Calédonie de Nouméa à Yaté, à l’est. Elle est parfaitement large, parfaitement entretenue, parfaite. Ça va très vite, on arrive déjà au Lac de Yaté.

Bon, le Lac de Yaté est artificiel.. Il a été formé en 1959 suite à la construction d’un barrage destiné à alimenter en energie l’usine de nickel de Nouméa. Mais vous en jugerez, ça n’enlève rien à sa beauté!

Petite parenthèse Nickel:

Bien qu’aujourd’hui en déclin, l’industrie du nickel a fait les beaux jours de la Nouvelle-Calédonie, qui reste le 6e plus grand producteur de nickel au monde après les Phillipines, la Russie, l’Indonésie, le Canada et l’Australie. Le nickel, on en retrouve dans les aciers inoxydables, par exemple. Malheureusement, l’environnement du pays en souffre, car la production de nickel génère énormément de déchets (gravats, pierres, sables) qui se déversent dans le lagon et étouffent les coraux. Sur terre, les saignées réalisées dans les montagnes posent des problèmes d’érosion…

On pourrait continuer jusqu’à Yaté, mais on finit par bifurquer pour aller jeter un oeil aux Chutes de la Madeleine, plus au sud.

Le Parc des Chutes de la Madeleine

À partir d’ici, la route se gâte un peu. Les ornières deviennent de plus en plus profonde et il vaut mieux ralentir si on ne veut pas y laisser le pare-choc de la C3. On arrive entier au parking. L’entrée est à 200 F pp, et vous donne accès aux chutes, et surtout à un chouette sentier botanique très bien indiqué et expliqué, qui vous donnera un aperçu des nombreuses espèces endémiques qui compose le maquis.

Des Chutes de la Madeleine à la Réserve Naturelle du Cap N’Dua

On a encore pas mal de temps devant nous, et on a faim. On poursuit donc vers le sud, encore, pour aller jusqu’au Cap N’Dua. On passe l’usine de Nikel de Vale Goro, qui crache ses poussières ocres, et on amorce la descente vers la mer.


Mais petit à petit, la route, ou plutôt la piste, devient de plus en plus merdique. Du moins pour notre C3 qui va pas tarder à y laisser un morceau. Mais tout autour, on est plongé dans un autre monde. Un mélange de Mars et d’Afrique. C’est fabuleux.

On tombe sur un point de vue, on s’y pose pour manger, face au lagon.

On décide surtout de faire demi-tour, car la route n’a pas l’air de s’arranger.

Du belvédère à Nouméa

Il est temps de se confesser: on a jamais pris d’auto-stoppeurs. Jamais. Mais pour notre défense, c’est parce qu’on avait toujours plein de bordel à l’arrière, et même un nain n’aurait pas pu poser une fesse sur la banquette.

Mais voilà qu’en passant Prony, sur la côte sud, on aperçoit une vieille dame avec sa béquille qui nous fait signe. C’est son jour de change, et nous on est super téméraire, alors on s’arrête. « Vous allez où? » « À Nouméa Madame, et vous? » « À la Coulée, c’est sur la route! » « Bon ben allez, montez! »

La petite grand-mère polynésienne nous tend un petit billet pour l’essence (on a refusé, je ne raquette les personnes âgées que dans le cadre de mon boulot, et là, c’est les vacances). Puis, pendant un bon quart d’heure, on papote… Née à Tahiti et arrivée en Calédonie il y a 70 ans, ses enfants ont tous fait des bébés en métropole. Elle y a déjà été plusieurs fois, trouve les messieurs plus gentils que les dames, enfin toujours plus gentils que les Wallis, car les Wallis, elle les aime pas du tout.

Au moment de la déposer sur le parking, je lui serre la main et lui demande son prénom, elle me colle un gros bisou sans dent et me dit: « Moi c’est facile, c’est Mamie Rose. ». Décidément, ça sera la journée de la couleur.

BONUS:

Une petite chanson d’ambiance pour la route 🙂

 

 

 

NOUMÉA is a lovely city. but it is a city. And after one year in nz, we wanted greenery and we hit the road, heading south. And finally, we mainly found bright red. Let’s go for 12 HourS in new caledonia’s southern district!

Monday 3rd of April

It’s 7am, all our bags are in the trunk of the car, we are ready to go straight to the Blue River Regional Park, one hour driving from Nouméa.  But when it’s time to leave, Magali reminds the park is closed on Monday. Fortunaltly, we have plan B: no plan. Just drive, stop, and drive. Easy. 

From NOUMÉA to LAke YATÉ

Radio Oceane turned up loud, we pass Magenta Airport, and Saint-Michel, bastion of independentism. First, we ride South along the coast, but shortly, houses are becoming to be rare, and the road is going deeper into the mountains. Within minutes, we are already stunned by lanscapes: as far as you eyes can see, blood moutains and deep green scrublands. Everywhere, the same red dust. 

And shortly, we arrive to the Lake Yaté.

The Lake Yaté is artificial.. It formed in 1959 following construction of a dam, intended for providing electricity to the nickel factory in Noumea. But anyway, this lake is amazing! 

PETITE PARENTHÈSE NICKEL:

New-Calédonia stays today the 6th largest producer of nikel, after Philipines, russia, indonesia, canada and australia. Unfortunatly, this production is a desaster for the environement: the exploitation of the nikel ore generates huge quantity of rubbish (sands, muds, gravel..) that flow into the lagoon and kills corals.

We should continue towards Yaté, but we choose to go to the Madeleine’s Falls, further south.

MADELEINE’s FALLS PARK

From here, it’s going more complicated! Holes are deeper and deeper, and we must slow down to avoid losing our bumper.  We finally arrive to the carpark. We pay 200 F to be allowed to go the Madeleine’s Falls and to take the botanical pathway (very interesting, with heaps of pedagogical signs about the many endemic species. 

From MADELEINE’s falls to CAP N’DUA scenic reserve

We have time, and we are bloody hungry. So we continue towards Cap N’Dua Scenic Reserve. We pass the Vale Goro fabric (nickel ore) that is splitting reddish dust, and we start to go down to the sea. 


All around, it’s a mix between Africa and Mars. It’s faboulous.  

We decide to stop to the lookout, cause the road becomes horrible.

From the look out to Noumea city

We confess: we never gave a lift to any hitchhikers. Never. But for our defense, our car was as full as an egg. But passing Prony, we see an old woman with a support leg, who’s sheaking her hand. 

 « Vous allez où? » « À Nouméa Madame, et vous? » « À la Coulée, c’est sur la route! » « Bon ben allez, montez! »

During 15 minutes, we chat: she is born in Tahiti and has been in New Caledonia for 70 years… All of her kids are living in France Metropole, and she enjoyed to visit them. When we finally dropp her off on the supermarket carpark, i take her hand and ask her what’s her name. She makes me a big kiss on my cheek: « My name, it’s easy. It’s Mamy Rose ». Decidedly, this day will have been coloured.

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