Angelus Hut | Nelson Lakes National Park

C’est pas le tout d’avoir passé trois semaines près de Nelson chez des compatriotes à réveillonné à chaque repas, en se gavant de pain-fromage maison et d’eau-de-vie du jardin, mais il va falloir se bouger un peu. Pour ça, Damien a bien une idée : l’Angelus Hut.

Avant, quand je pensais refuge, je pensais ça:

Mais en réfléchissant bien, passer la nuit en altitude au bord d’un lac miroir qui reflète les étoiles, la perspective est romantique. Pour aller à l’Angelus Hut, au bord du lac du même nom, c’est 6 heures aller, 6 heures retour. tranquilou Baloo. Mais on va vous expliquer comment on est passé de ça :

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à ça :

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4 décembre: Le départ

Pour l’itinéraire, on part du Mt Robert carpark, on va jusqu’à l’Angelus Hut par la Pinchgut Track puis la Robert Ridge Route, et on redescent par la Speargrass Track.

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On pack les back-packs : chaussettes de rechange, un T-shirt, un duvet, des gants, du casse-croute pour deux jours et c’est parti ! On abandonne la voiture sur le Mont Robert carpark, sur les hauteurs du superbe Lac Rotoiti, sur les bords duquel on vient de passer la nuit.

La Pinchgut Track

La Pinchgut Track, c’est la toute première partie du Robert Ridge Track. Avec 600 mètres de dénivelé en 1H30, elle vous emmène illico en zone alpine, en vous faisant regretter tous vos excès des semaines précédentes. Cette partie n’est pas franchement intéressante. Ça grimpe en zig-zag à flanc de montagnes, en plein soleil, et on en bave tellement qu’on en oublie de regarder la superbe vue sur le lac Rotoiti en contrebas.

La Robert Ridge Route

600 mètres et 8 litres de sueur plus tard, nous voilà en haut du Mont Robert, 1400m, au point de départ de la Robert Ridge Track. La première demi-heure est une tranquille balade au milieu des tussocks sur un grand et beau plateau alpin.

Mais très vite, les herbes folles se raréfient et laissent la place à de la bonne grosse caillasse, et le joli chemin s’étroitise jusqu’à n’être plus qu’une crête de pierre acérée. D’un côté, des éboulis qui plongent dans un ravin sans fond, et de l’autre le splendide parc des lacs de Nelson, bleus nuits, émeraude, turquoise, tantôt noirs, bordés de crêtes enneigées. Et le chemin à suivre se fait de plus en plus flous et se transforme en vrai tramping « deux-pas-de-côtés-tu meurs », à travers les névés et les éboulis.

Trois heures de grimpette et quelques petites frayeurs plus tard, derrière une dernière crête : l’Angélus Lake, grand miroir noir et turquoise, et sa petite hut en plein milieu.

L’Angelus Hut

L’Angélus Hut est un grand bungalow de 24 couchettes. Pas d’électricité et l’eau du lac au robinet, mais une propreté irréprochable, un grand coin cuisine, une cheminée, des vestiaires, et surtout une superbe terrasse sur ce lac qui porte si bien son nom.

Pour le couchage, on s’attendait un peu à un refuge du type « Les bronzés font du ski ». Niveau intimité, c’est encore plus drôle : Dans chacun des deux dortoirs, un lit superposés, avec six petits matelas en rang d’oignon à chaque étage. Funny yay ?

 

Pour le repas, vous devez apporter votre propre réchaud à gaz. Dans la hut, tout le monde mange, se couche et se lève comme les poules. Repas de 16 à18, nous on était au lit à 20h, et levé à 6.

LA SPEARGRASS TRACK

Ce matin du 5 décembre, pas un nuage, lac miroir, on ne distingue pas la montagne du reflet. Alors tant que ça dure, on s’enfile en deux-deux nos deux barres de céréales, un thé et un fruit, et on se prépare à redescendre sous le soleil par la Speargrass Track.

OoOoOO mais quelle jolie prairie d’herbe bien verte et de tussock, et quel adorable petit ruisselets à l’eau si transparente ! À ce rythme-là, on est en bas dans deux heures !

Leçon du jour, ne jamais juger une rando sur son premier kilomètre !

Plus on descend la vallée, plus le ruisselet devient rivière, plus les piquets de repérage sont difficiles à trouver. La belle herbe commence à faire « plotch » sous les chaussures. Bref, on se demande assez vite ce qu’avait picolé le ranger qui les a placé. « Et si je les faisais passer plutôt par les éboulis, ces abrutis ? Tant qu’a faire, ils traverseront la rivière tous les cent mètres, ça leur fera les mollets… »

C’est donc comme ça qu’on s’est retrouvés avec de l’eau gelée jusqu’au genou et à essorer nos chaussettes toutes les 20 minutes.

Très vite, soulagement : la lisière de la forêt ! Bon, comme ballade en forêt, on a vu plus pépère : des corniches de 30cm de large, des murs de racines à escalader, encore des rivières à passer (mais beaucoup plus large, car on descend vers la vallée !), et plus que des marques sur les arbres. À tout moment, on s’attendait à voir sortir le type de « Man vs Wilde » avec un cerf mort sur le dos !

Cela dit, la forêt est superbe. On est désolés, on était trop occupés à regarder où on mettait les pied et où étaient les repères pour prendre des photos… En bref, 4 heures de vrai tramping et un immense soulagement en déboulant sur le parking du départ. 25km, 11 heures, paf.

Pour faire court :

Raconté comme ça, on pourrait croire qu’on a pas vraiment apprécié ce petit largage en milieu hostile. Mais ces deux jours étaient formidables ! On a repoussé nos limites et vraiment bien compris la différence entre « walking track », « tramping track » et « route ». Surtout qu’en checkant sur internet, cette rando était en fait classée « expert », et demandait des capacités de « survie ».

Si sur le moment on faisait pas nos malins, on est super fiers de nous, et on garde des souvenirs fantastiques du Nelson Lakes National Park, des crampes aux cuisses et une sacrée impatience quand aux deux Great Walks qui nous attendent, la Routeburn et la Kepler. On s’excuse, les photos ne sont pas terribles mais notre portable a du prendre le relai du reflex resté dans la voiture avec ses batteries à plat (les joies du camping sauvage).

marie-dam

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